Le débat

Le débat au lycée

La question du droit de vote des étrangers est fréquemment débattue en classe et donne lieu à diverses rencontres.

Cet article relate l'échange, en début d'année, entre des élèves d'un lycée de Villeurbanne et une doctorante en science politique. Il met l'accent sur l'évolution de l'investissement des étrangers dans la vie citoyenne.

 

Le film suivant a été réalisé par des lycéens. Au fil de leurs rencontres (journaliste, homme politique, micro-trottoir...), ils se sont interrogés sur la question du droit de vote aux étrangers. Le film montre aussi leur difficulté à rencontrer des opposants au droit de vote qui acceptent d'en parler devant la caméra.

Les arguments du débat

Arguments contre le droit de vote

  • le droit de vote est indissociable de la nationalité française : pour voter, il faut acquérir la nationalité
  • cela risque de renforcer le communautarisme : "Nous ne voulons pas que des conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les repas des cantines, ou réglementent les piscines à l'encontre des principes de mixité" (Claude Guéant, le 2 mars 2012)
  • dire que les étrangers doivent voter parce qu'ils paient des impôts a pour conséquence de revenir au système du suffrage censitaire
  • par le biais des élections locales, les électeurs étrangers auront une influence indirecte sur la composition du Sénat (élu notamment par les maires) et sur la liste des candidats à l'élection présidentielle (puisqu'il faut obtenir des « parrainages » notamment auprès des maires)
  • on ne peut pas accorder le droit de vote s'il n'y a pas réciprocité

En complément, cette vidéo présente une brève argumentation contre le droit de vote.

Arguments en faveur du droit de vote

  • cela pourra rétablir l'égalité entre tous les étrangers
  • cela équivaut à une reconnaissance de l'apport des étrangers dans la construction de la société française
  • cela permet une meilleure intégration des étrangers, pour lutter contre le communautarisme
  • les démarches pour obtenir la naturalisation sont compliquées : certains étrangers demandent la nationalité française sans parvenir à l'obtenir
  • les étrangers qui travaillent en France, donc payent des impôts et participent au budget de l'Etat, devraient avoir le droit de donner leur avis sur la vie publique : « Il y a un peu plus de 3 millions d’étrangers en France qui n’ont pas demandé à être Français, c’est leur droit. Les étrangers communautaires (venant de l’Union européenne) ont déjà le droit de vote. Or, ils ont souvent peu ou moins de relation avec la France que des étrangers non européens, qui y vivent depuis vingt ou quarante ans, parlent le français et paient leurs impôts. Le droit de vote des étrangers résidents aux élections municipales est donc une question d’égalité et de justice. » (Patrick Weil, Entretien avec El Watan, 6 mai 2012)

Pour compléter ces arguments, ce texte, rédigé pour alimenter le débat en classe, affirme que "il n'y a pas de démocratie sans égalité des droits".

 

En réaction envers les propos intolérants de certains opposants au droit de vote des étrangers, le site Les mots sont importants publie un article portant sur le communautarisme et ses connotations : stigmatisation, discours policier...

 

BOUAMAMA Saïd. J'y suis, j'y vote : la lutte pour les droits politiques aux résidents étrangers. Paris : l'Esprit frappeur, 2001. 115 p.

 

Dans ce livre, l'auteur réfute l'un après l'autre les arguments avancés à l'encontre du droit de vote des étrangers. Il démontre notamment que le discours des opposants actuels est très similaire à celui des détracteurs du droit de vote des femmes avant 1945).

En guise de synthèse

Ce texte a été rédigé il y a 10 ans : la première partie sur le contexte est donc dispensable. On constate cependant que les arguments sont les mêmes que dans le débat actuel. Cette synthèse a le mérite d'examiner chaque terme du débat avec neutralité.

Pour aller plus loin : lectures plus exigeantes

  • Un mémoire de recherche sur le droit de vote des étrangers, rédigé par Hervé Andrès, est consultable en ligne. Il est résumé, mais avec des références manquantes, dans ce Cours sur le droit de vote des étrangers.
  • SCHNAPPER Dominique. Qu'est-ce que la citoyenneté ? Paris : Gallimard, 2000. 320 p. Ce livre aborde la citoyenneté du point de vue de la sociologie. L'auteur en montre les variations au fil du temps et selon les sociétés. Les pages 144 à 153 sont consacrées à la question du droit de vote des étrangers.
  • COLAS Dominique. Citoyenneté et nationalité. Paris : Gallimard, 2004. 295 p. Ce livre permet de remettre en contexte le principal argument contre le droit de vote des étrangers, la corrélation entre citoyenneté et nationalité. Abordant la conception française de la citoyenneté par le biais d'un regard historique, l'auteur en souligne les contradictions, et les limites de la démocratie qui en découlent.

Et pour conclure, une petite vidéo pour ne pas oublier la part du jeu politique dans les grands débats de société.

Longtemps négligé, le thème de l'immigration a pris depuis la rentrée 2011 une part plus importante dans les programmes scolaires. Ce dossier documentaire, proposé par votre médiathèque de quartier, a pour but de donner aux élèves lycéens des clés pour comprendre les enjeux du débat concernant le droit de vote des étrangers. En traitant de cette question d'actualité, il apporte un éclairage complémentaire sur leurs cours d'Histoire-Géographie.